DNA|Reflets du samedi 8 juin

La Presse en parle !!

Très bel article de Vénéranda Paladino sur Les aventures d’un romancier atonal, paru ce jour dans le supplément « Reflets » des Dernières Nouvelles d’Alsace (édition du 8 juin 2013 : on trouvera aussi sur la même page un entretien audio mené par Vénéranda Paladino avec le traducteur Antonio Werli)

Rappel des rencontres à venir :

Rencontres en librairie à Strasbourg pour la sortie du roman, avec Antonio Werli (le traducteur) et Benoît Virot (l’éditeur).
vendredi 14 juin à 18h30Librairie du Monde Entier (L’Aubette, place Kléber) : présentation et lecture atonales
vendredi 14 juin à partir de 20h30Maison de l’Amérique Latine (rue de la course) : after latino (lecture bilingue, restauration argentine, entrée libre)
samedi 15 juin de 12h à 14hLibrairie Chapitre 8 (rue de Verdun) : repas littéraire chez « Patrick » (sur réservation, contacter le libraire)
samedi 15 juin à 16hLibrairie Des Bateliers (rue Modeste Schickelé) : présentation et lecture.

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DNA 8 juin

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Sortie ce jour en librairie !

Aujourd’hui jeudi 6 juin, paraît le premier roman d’Alberto Laiseca traduit en français : Aventures d’un romancier atonal. (Editions Attila, 15 €, ISBN : 9782917084748) Dans toutes les librairies de France, de Soria, de Technocratie et d’Union Soviétique !!

Voici les deux illustrations de la couverture tête-bêche, magnifiquement réalisée par Helkarava (comme les 5 enluminures atonales qu’il a dessinées pour l’Epopée du Roi Thibaut).

Aventures d'un romancier atonal-1

Aventures d'un romancier atonal-2

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Nous allons le savoir très vite… le jeudi 30 mai au Point Éphémère (Paris, X) !

GRANDE SOIRÉE DE LANCEMENT DES AVENTURES D’UN ROMANCIER ATONAL !

au POINT ÉPHÉMÈRE (200 quai de Valmy 75010 Paris), à 19h30.

nevski

— Qu’est-ce que toute cette activité inhabituelle ? Les chevaliers réalisent des manœuvres forcées avec les grands dinosaures de guerre sur le Champ de Mars ; les fonderies militaires sont rouvertes et les hauts fourneaux travaillent à plein régime, comme jadis. L’excitation suinte parmi les courtisans. Que se passe-t-il ? Va-t-on d’aventure envahir l’Anglosaxonie ?

L’autre courtisan le regarda d’un air sombre :

— Mais de quel monde sors-tu ? N’es-tu au courant de rien ?

— J’étais malade pendant deux mois, avec une fièvre des plus tenaces et récalcitrantes. Je n’ai pas mis le nez au Palais.

— Le bon roi Thibaut nous envoie à l’étranger lutter pour la foi.

— Une nouvelle invasion en Afrique ?

— Si seulement. Non. Il semble que cette fois nous avons déclaré la guerre aux toundras blanches ; là où demeure le Général Hiver Russe, qui ne rengaine jamais sa lame.

— Les Russes sont musulmans, ai-je entendu dire. Mais existent-ils réellement ?

— Nous allons le savoir très vite…

(extrait des Aventures d’un romancier atonal)

Aventures-web

LE JEUDI 30 MAI AU POINT ÉPHÉMÈRE (PARIS, X)

SOIRÉE LAISECA

À PARTIR DE 19h30

AU PROGRAMME :

PROJECTION ATONALE

PRÉFACE À MOUSTACHE

LECTURE DU ROMAN

suivi d’un

BAL RITUEL, ROCK & FREAK !

(entrée libre, restauration jusqu’à 23h, bar jusqu’à 2h… )

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Le mal ne meurt jamais…

Aventures d’un romancier atonal from Luc Hesse on Vimeo.

*

Aventures d’un romancier atonal est le premier roman de l’auteur argentin Alberto Laiseca traduit en français, aux éditions Attila… La plongée délirante dans les affres de la création.

Le 6 juin 2013 dans toutes les librairies atonales.

Crédits : Réalisation : Luc Hesse / Antonio Werli — Montage-doublage : Luc Hesse.

Extraits d’Alberto Laiseca, tirés du film Querida voy a comprar cigarrillos y vuelvo de Gastón Duprat et Mariano Cohn, avec leur aimable autorisation.

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A paraître le 6 juin : Les aventures d’un romancier atonal

Aventures-web

À PARAÎTRE LE 6 JUIN AUX EDITIONS ATTILA

LES AVENTURES D’UN ROMANCIER ATONAL

traduit de l’argentin par Antonio Werli

illustré par Helkarava

4e de couverture :

Vivant dans une mansarde, humilié par la maîtresse de sa pension, un romancier pauvre et inconnu est l’auteur d’un roman expérimental et illisible de 1 500 pages, dont la lecture fait fuir tout le monde autour de lui. Il trouve un éditeur sado-maso qui aspire à la faillite et se jette sur le projet. Promis à un échec total, le livre devient hélas un bestseller en France : la critique argentine retourne sa veste et les 25 000 exemplaires sont écoulés d’un coup… provoquant des envies de suicide chez l’éditeur.
Le succès apporte son lot de calamités et la totalité du tirage, réuni pour un hommage à l’auteur à la veille du prix Nobel, s’effondre dans un séïsme. Seuls quelques feuillets du manuscrit original sont épargnés.
Le lecteur découvre ensuite ces pages sous le titre L’Epopée du Roi Thibaut. Le romancier atonal y relate la guerre sainte menée à un âge préhistorique par le roi Thibaut au tsar Saladin, calife de toutes les Russies, à grands renforts de créatures antédiluviennes, de machines futuristes et d’anachronismes jouissifs : dans un univers des plus cruels et ingénieux, la civilisation semble vouée à un retour à l’âge de pierre.

Ce deuxième roman d’Alberto Laiseca est aussi une mise en abyme de sa propre oeuvre : il a réellement écrit un roman expérimental et paroxystique de 2000 pages qui a réellement mis 20 ans à être publié en Argentine.

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Une machine de guerre contre la peine

Sur La hija de Kheops [Emece, Buenos Aires, 1989]

Par César Aira

Traduction de l’Espagnol : Guillaume Contré

Laiseca est un macroscopiste : il voit les choses en grand format et il les voit de très près. Par exemple l’Histoire, qui est immense et pleine de pyramides, de murailles de Chine, de tours de Babel, de campagnes de Russie et autres démesures du même tonneau. Et plus la chose est grande, plus l’énigme l’est aussi : pourquoi construire une pyramide énorme et très haute ? Pourquoi, plus généralement, faire des énormités ? Pourquoi y a-t-il eu une Histoire ? Ou bien, pour commencer là où il le faut : pourquoi écrire un roman ? Sur ce dernier point, il y a une philologie domestique.

La hija de Kheops (La fille de Kheops) est né d’une anecdote que Laiseca a savourée avec délectation pendant des années. La fille du pharaon, en effet, pour contribuer au financement de la grande œuvre publique entreprise par son papa, a pratiqué la prostitution. En plus du paiement normal pour ses prestations, qui s’en allait former le fond pro-pyramide, elle exigeait de chacun de ses clients le don d’une pierre qui serait destinée à l’élévation de sa propre pyramide. Le meilleur de l’histoire, c’est qu’à la fin de sa vie, elle avait réussi à en élever une, pas aussi grande que l’officielle, mais de dimensions respectables.

Alors qu’il allait commencer à écrire (j’ai été témoin du processus), Laiseca a dû affronter un dilemme qui lui a coûté d’épuisantes réflexions : la Pyramide, ce « grand joyau » qui protégerait l’Egypte pour toute l’éternité, c’était ce que le pharaon pouvait faire de mieux, de cela Laiseca ne doutait pas. Mais pour la faire, il fallait la faire bien, ce qui impliquait un sacrifice prolongé, une génération ou deux d’égyptiens qui vivraient dans la plus grande austérité, sans même pouvoir boire de la bière. La bière était la clé du problème. Durant des mois, dans un bar du quartier de l’Once appelé El Rubi, Laiseca tourna et retourna la question, face à – précisément – de fraîches bouteilles de bière. Les sacrifices valent-ils la peine ? Peut-on vivre sans joie ? Et la vie aboutirait-elle à quelque chose ? Kheops, dans son effort justifié pour être un Mozart, n’aurait-il pas finit par être un chichi [1] ? Un pharaon mystique a-t-il le droit de priver les plus pauvres de ses sujets de ce plaisir ?, se demandait Laiseca, mortellement sérieux, mortellement pensif, son verre de bière en main.

C’étaient des questions bien trop importantes pour y répondre seulement par des mots. Le roman le ferait. Et un jour, voilà que celui-ci était déjà en marche. Après tout, le travail de Laiseca ce n’est pas l’Histoire, mais son opposé, le Bonheur. Laiseca est comme Rousseau (ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau), mais quand l’Histoire à donné à Jean-Jacques l’opportunité de créer un monde, le monde où nous vivons, elle a joué à Laiseca le mauvais tour de faire de lui un créateur de mondes dans un monde déjà fait. Dès lors, la littérature est devenue pour lui une nécessité. Et la littérature chez lui est une machine de guerre contre la peine. S’il ne peut pas construire de Pyramides, il peut en revanche créer des exorcismes, et il sait les faire vraiment grands et vraiment efficaces.

« J’en suis à la page quatre cents, et c’est seulement maintenant que je commence à dire ce que je voulais dire », affirme typiquement Laiseca quand il se met à écrire. Il s’agit là d’une fatalité qui n’admet pas d’exceptions. Avec La hija de Kheops néanmoins, il a eu recours à un truc très efficace pour entrer directement dans le vif du sujet : les quatre cents, ou cinq cents, ou mille pages préalables, c’est Mika Waltari qui les lui a écrites, et ce sont celles qui composent Sinouhé l’Egyptien, son roman préféré. Cela ne devrait pas nous surprendre, car rapprocher lecture et écriture jusqu’à ce que les deux se confondent est peut-être l’opération littéraire par excellence (de plus, Laiseca s’était déjà entraîné avec les Poemas chinos).

La hija de Kheops est une odyssée de la contiguïté. Ce n’est pas seulement la lecture et l’écriture qui s’approchent : tout le reste le fait aussi, depuis l’idée même de faire la pyramide – qui naît d’un rêve, avec la conscience exagérément collée à elle-même – jusqu’à l’amour, en passant par la magie. La contiguïté contamine tout. L’Egypte et l’Argentine s’approchent jusqu’à se toucher, non pas parce qu’il y aurait des anachronismes (il n’y en a pas dans ce roman), mais selon la logique du Bonheur qui rend contiguë la possibilité et l’acte. À partir de là, l’Histoire elle-même s’éclaire : comment autant de ces énormités ont-elles pu voir le jour ? Très facile : parce que quelqu’un a pensé qu’elles étaient possibles. La littérature prend la relève de la réalité, mais sans la supprimer, loin de là. Le « réalisme délirant » de Laiseca est très réel.

Les couples formés par la contiguïté chez Laiseca sont de deux types. En premier lieu, il y a le couple d’amants, la proximité absolue de l’amour, ici magnifiée par l’inceste. En deuxième lieu, le couple formé par le Chef de l’Etat et son Premier Ministre (ou conseiller, ou général, ou grand prêtre). Là, il y a des contiguïtés intermédiaires : le Savoir, le Mythe, l’Histoire. Par contre, le Pouvoir – qui a première vue semble être le thème exclusif de la fiction laisequienne – est en réalité latéral et auxiliaire. Le Pouvoir c’est la volonté (qu’un clochard possède à l’égal d’un empereur), et la volonté n’est rien de plus que le mouvement, que Laiseca envisage toujours comme une stratégie belliqueuse pour atteindre le bonheur. Le bonheur serait, en fin de compte, le rapprochement de tout, la mort des distances, la précipitation de tous les possibles dans l’Evènement. Le temps, alors, disparaîtra, comprimé en un instant édénique où pourront êtres célébrées les noces cosmiques de Kheops et de sa fille. Les années nécessaires à la construction de la Pyramide ne sont rien d’autre que le prix à payer pour le sauvetage du temps, séquestré par tout ces chichis qui ne manquent jamais à l’appel. Et quand tout annonçait austérité, sacrifice et espoir, il s’avère que ces années sont celles du plus intense bonheur. Car dans celles-ci se reflète quelque chose de plus, un futur si lumineux qu’il en devient presque impensable. Les gens sont heureux car ils vont être heureux, et vice-versa. Et quand cette grande géométrie se consomme, quand l’auteure nietzschéenne de l’éternité illumine le joyau du désert… alors Laiseca se tait, avec un sourire mystérieux. Il ne s’est pas proposé de tout dire, loin s’en faut. Et, de plus, il s’avère qu’il n’est plus un adolescent en attente de gloire. C’est un artiste mature, consommé, l’auteur de Los Sorias, un des plus grands romans du XXe siècle, et il n’a plus rien à attendre. Et quant à nous lecteurs, qui avec toute cette affaire nous sommes retrouvés excessivement près de notre désir, que pouvons-nous attendre ? Devons nous attendre quelque chose ? Une seule chose, peut-être : que jamais ne nous manquent les chefs d’œuvres qui renouvèlent notre soupçon de la consommation du temps. Et qui pourrait douter que La hija de Kheops est un chef d’œuvre ?

[1] « Mozart » et « chichi » sont deux concepts centraux dans la cosmogonie laisequienne. Il s’agit bien entendu des notions de bien et de mal, le « Mozart » étant le grand homme, l’artiste génial, par opposition à « l’anti-être » – parfois également nommé « anti-Mozart » – et à ceux qui en subissent l’influence négative, les « chichi ». [NdT]

Ce texte fut originellement publié dans la revue littéraire Babel, Buenos Aires, deuxième année, N°12, octobre 1989, dans la section Livre du mois. Cette revue, à l’existence éphémère et parfois polémique, contribua largement à faire connaître certains des auteurs les plus importants de la littérature argentine contemporaine (Sergio Chejfec, Daniel Guebel, Sergio Bizzio, Luis Chitarroni, Alan Pauls, Martin Caparros…).

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La Chevauchée des Walkyries ou rien !

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